Restauration kintsugi
Je suis Julien Salut, et je restaure les céramiques cassées selon la méthode japonaise du kintsugi : les morceaux sont réunis à la laque urushi, la laque naturelle tirée de la sève de l'arbre à laque, et la ligne de cassure reste visible, sauf si vous choisissez une restauration invisible. Je fais tout le travail moi-même, à la main, à l'atelier Mikazukidō, sur la Côte d'Azur.

Vaisselle d'usage, céramique ancienne, pièces de collection
Bols et tasses du quotidien, théières, vases, bouteilles, pièces anciennes ou pièces d'auteur. Je travaille le grès, la porcelaine, la faïence, la terre cuite et les argiles comme le raku ou le bizen, mais aussi la pierre et le bois laqué. Le verre se traite au cas par cas, sur devis.
Une pièce qui porte déjà un kintsugi ancien garde ses lignes d'origine : j'accorde la nouvelle restauration avec elles.

Une laque naturelle, des poudres de métal
Toutes mes restaurations reposent sur la même laque, préparée de plusieurs façons selon l'étape. Je n'utilise ni résine époxy ni poudre de laiton.
| Terme | Ce que c'est | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Urushi 漆 | Sève de Toxicodendron vernicifluum, l'arbre à laque. Liquide, elle irrite la peau ; elle durcit lentement en milieu humide. | La base de toutes les étapes. |
| Mugi-urushi 麦漆 | Laque mélangée à de la farine de blé et à de l'eau. | Coller les morceaux entre eux. |
| Sabi-urushi 錆漆 | Laque mélangée à des poudres minérales fines (tonoko, jinoko) et à de l'eau. | Combler un éclat, sceller une fêlure. |
| Kokuso-urushi 刻苧漆 | Laque mélangée à de la poudre de bois. | Reconstruire un grand volume perdu. |
| Laque noire | Laque noire raffinée (roiro-urushi). | Couches de fond, très fines, sur la ligne de cassure. |
| Bengara-urushi 弁柄漆 | Laque teintée à l'oxyde de fer rouge. | Dernière couche, celle qui reçoit le métal. |
| Poudre d'or pur | Or réduit en poudre ; jamais de laiton. | Déposée sur le bengara encore légèrement collant. |
| Muro 室 | Armoire fermée où l'air reste humide et stable. | Faire durcir la laque entre deux étapes. |
| Polissage | Ponçage à l'eau entre les couches ; pour finir, la ligne d'or est polie à l'agate ou à la ouate de soie. | Une ligne lisse au doigt, un or qui renvoie la lumière. |
Fêlure, éclat, cassure, manque
Chaque dégât appelle un traitement différent. Une même pièce en réunit souvent plusieurs ; le devis les détaille un par un.
| Cas | Ce que je fais | Ce qui pèse sur le devis |
|---|---|---|
| Fêlure ひび | La pièce est entière mais fendue. Je scelle la fêlure au sabi-urushi sur toute sa longueur, puis je pose la finition choisie. | La longueur de la ligne. |
| Éclat 欠け | Un morceau du bord ou de la surface a sauté. Je comble le creux au sabi-urushi, modelé à la forme de la pièce, puis je pose la finition choisie. | La taille et le nombre des éclats. |
| Cassure 割れ | La pièce est en morceaux. Je les recolle au mugi-urushi. La pièce passe ensuite deux à trois semaines au muro avant que je puisse la reprendre. | Le nombre de morceaux, la longueur totale des lignes. |
| Manque 欠損 | Une partie est perdue. Petit manque : sabi-urushi. Grande partie : reconstruction au kokuso-urushi, couche par couche, ou fragment d'une autre céramique taillé pour combler le vide (yobi-tsugi). | Le volume à reconstruire. |
Huit étapes, et le temps du muro entre elles
- 01Examen et nettoyage. Je compte les morceaux, je cherche les éclats réduits en poussière et je prévois l'ordre du collage pour que rien ne bloque au remontage. Chaque bord est dégraissé à l'alcool.
- 02Collage. J'assemble les morceaux au mugi-urushi et je les maintiens le temps de la prise.
- 03Premier passage au muro. Deux à trois semaines. La laque ne sèche pas à l'air : elle durcit par polymérisation, une réaction qui demande de l'humidité. Trop sec, elle ne prend pas ; trop humide, elle coule.
- 04Comblement. Les éclats et les manques sont comblés au sabi-urushi ou, pour un grand volume, au kokuso-urushi, puis remis au muro.
- 05Arasage et ponçage. J'arase les joints à la pierre, puis je les ponce à l'eau.
- 06Couches de laque noire. Je les pose très fines : une couche trop épaisse fronce en durcissant. Entre deux couches, plusieurs jours de muro et un ponçage à l'eau.
- 07Bengara et métal. Je pose la couche de bengara. Environ trois heures plus tard, quand elle est encore légèrement collante, j'y dépose la poudre de métal, or pur le plus souvent. La pièce retourne une dernière fois au muro.
- 08Polissage et contrôle. Je polis la ligne, je contrôle la pièce, j'établis son certificat d'authenticité.

Cinq finitions, choisies au devis
- Or pur — La ligne de cassure devient une ligne d'or. C'est la finition que je pratique le plus. L'or ne s'oxyde pas.
- Urushi noir — Une ligne de laque noire, sans métal : la cassure reste visible, plus sobre.
- Argent — La ligne reçoit une poudre d'argent à la place de l'or.
- Cuivre ou métaux associés — Une ligne de cuivre, ou plusieurs métaux réunis sur la même pièce. Le cuivre s'oxyde et ternit avec le temps.
- Restauration invisible — Une réparation sans ligne d'or, quand vous ne souhaitez pas de kintsugi visible.
Indiquez votre préférence dans la demande de devis, ou laissez-moi la proposer à partir de vos photos.

À partir de 120 € la pièce
Le prix exact figure dans le devis. Il dépend de quatre choses :
- le nombre de morceaux ;
- la longueur des lignes de cassure ;
- une partie manquante à reconstruire ;
- la finition choisie.
À partir de 4 semaines
Le délai exact figure dans le devis. Il dépend surtout du nombre de passages au muro, donc du dégât : une fêlure demande moins de temps qu'une reconstruction. Le tokkuri reconstruit présenté parmi les pièces de l'atelier a demandé quatre mois.
Si vous avez une date impérative, dites-le dès votre demande. Le kintsugi à la laque ne convient pas à une restauration urgente.
Un devis écrit, une pièce restaurée, un certificat
Avant : un devis écrit, sous 5 jours ouvrés après vos photos. Il précise les techniques proposées, le prix, le délai estimé et le protocole d'expédition.
Après : votre pièce restaurée, accompagnée d'un certificat d'authenticité. Il indique la laque employée, l'or, la technique et la durée du travail.
Trois à cinq photos suffisent pour commencer
- 01Vos photos. La pièce entière ; chaque dégât de près ; sur un fond neutre, à la lumière du jour. Indiquez les dimensions, le nombre de morceaux, s'il manque une partie, et l'usage que vous voulez en faire : à table ou en décor.
- 02Mon devis. Sous 5 jours ouvrés, par écrit.
- 03L'envoi. Après votre accord, je vous transmets le protocole d'emballage. Envoi possible depuis toute l'Europe, ou remise en main propre sur la Côte d'Azur.
- 04La restauration, puis le retour. La pièce vous revient avec son certificat d'authenticité.

Ce que la pièce supporte, et ce qu'elle ne supporte pas
Une fois la laque entièrement polymérisée, elle devient inerte.
À faire : un lavage à la main, au savon doux, avec une éponge sans face abrasive ; puis un essuyage au chiffon.
À éviter :
- le lave-vaisselle ;
- le micro-ondes ;
- le four ;
- la flamme directe ou la plaque de cuisson ;
- le trempage de plusieurs jours, ou une pièce laissée dehors toute l'année.
La chaleur et les produits agressifs usent la ligne de laque plus vite.
Ce que je refuse, et pourquoi
- Le plastique et les résines souples : la laque n'y tient pas dans la durée.
- Les pièces réduites en miettes : quand une pièce s'est brisée en une multitude de fragments minuscules, la recoller ne lui rendrait pas sa solidité. Je vous le dis dès le devis.
- Les restaurations urgentes : la laque fixe son propre rythme.
- Les raccourcis : pas de résine époxy, pas de poudre de laiton.
Le verre : au cas par cas, sur devis. Pour un verre fin et courbé, je vous expose le risque avant de commencer.
Une pièce cassée que vous voulez garder ?
Envoyez-moi trois à cinq photos. Vous recevez mon devis écrit sous 5 jours ouvrés.